Serbie, de Belgrade aux portes de fer Du 28 août au 30 août 2014

, par Joëlle

Album photos

AIDE Pour afficher le diaporama, cliquez sur une des photos

Sortie de Belgrade, touours par le pont de Pancevo ! Un bateau dans un port est en sécurité, mais il n'a pas été construit pour (...) L'eurovélo après Belgrade Route partagée.... Entre Belgrade et Kovin La forteresse de Smederevo La forteresse de Smederevo entre Kovin et Veliko Gradiste Entrée de village en Serbie Sortie de Village en Serbie ça se gâte...chute et perte de garde-boue une terrasse ombragée au bord de l'eau Sur le bac.... Veliko Gradiste et le Silver lake Un marché à Vinci La forteresse de Golubac marque l'entrée des portes de fer La forteresse de Golubac Coucher de soleil au camp Toma

De Belgrade à Golubac

28/08 Belgrade-Kovin
Nous avons un jour de retard sur notre itinéraire prévisionnel mais nous le rattraperons sans doute plus tard... La sortie de Belgrade par le même pont que l’entrée s’avère difficile et pénible... mais dès la sortie du pont l’eurovelo6 nous conduit sur la digue du Danube où la nature sauvage reprend ses droits. Nous longeons la prairie humide et marécageuse où nichent hérons, cygnes, canards...les arbres ont les pieds dans l’eau. Le chemin est bosselé et nous tressautons sur nos selles. Nous rejoignons ensuite une départementale. Après le pique-nique nous nous installons à la terrasse d’un bar pour le café habituel. La serveuse nous demande de quel pays nous venons et nous sert avec de grands sourires. Au moment de payer, elle me fait signe que non, c’est déjà fait...par un serbe assis à une autre table qui est tout fier de me dire "bonjour" en français et de me serrer la main ! Quelques kms plus loin je m’arrête pour rattacher un lacet. Un jeune papa et ses enfants de 9 et 10 ans sont devant le portail de leur maison. Il s’approche et nous demande en anglais si nous avons besoin d’aide. Nous parlons un moment avec lui et sa voisine d’en face qui parle allemand arrive, veut savoir d’où nous venons et nous invite à boire un café, offre que nous déclinons gentiment car nous avons encore 30 km à faire avant de rejoindre Richard à Kovin.
Depuis Belgrade nous avons quitté la région autonome de la Voïvodine serbe. Le niveau de vie semble légèrement meilleur : dans les villages et la campagne nous ne voyons plus de vieilles maisons ou fermes laissées à l’abandon. Les maisons sont plus coquettes, les habitants habillés plus "élégamment", et le café a augmenté....
Arrivées à Kovin notre premier arrêt est chez un "Vulkanizer". Il regonfle mes pneus, puis Babeth lui montre l’attache de son porte-bagage qui flotte depuis qu’elle a perdu un boulon. Il est un peu bourru mais tout de même souriant et se moque un peu. Comme il ne parle que serbe, nous croyons comprendre qu’’il ne peut rien faire. Il part d’ailleurs s’occuper d’un autre vélo. Alors, nous lui disons au revoir et là il nous arrête et nous fait signe d’attendre. Sur ces entrefaites un monsieur de 78 ans qui passait par là s’arrête. Il parle allemand, voit notre problème et explique au mécano qu’il faut faire une réparation solide. Il part chez lui chercher un écrou et un boulon pendant que le Vulkanizer perce le tube du vélo. Quelques minutes plus tard le porte-bagage est fixé solidement et nous pouvons discuter des choses de la vie... Ils nous font comprendre que la vie est devenue très difficile depuis la guerre qui a suivi la chute du communisme et que leurs gouvernants sont des voleurs qui dépouillent le pays. Ce n’est pas la première fois que nous entendons ce discours en Serbie. Quant à notre Vulkanizer il ne veut absolument pas qu’on le dédommage ! Nous retrouvons Richard à l’hôtel et partons pour Smederevo sur l’autre rive visiter la forteresse médiévale, la plus grande d’Europe paraît-il ! Dans cette région le Danube est bordé de nombreuses fortifications du 15ème ayant eu pour objet de lutter contre l’invasion ottomane.

29/08 Kovin-Veliko Gradiste
Ce matin, fini les balades tranquilles : Richard repart ce soir et nous reprenons donc notre chargement complet ! Au départ nous avons du mal à retrouver notre équilibre sur nos destriers chargés comme des bêtes de somme ! Puis l’habitude revient au bout de quelques kilomètres. Notre route traverse un paysage de dunes de lœss qui rappelle un peu la lande bretonne des bords de mer (sans la bruyère). Plus loin un parc naturel, des étangs et leurs colonies d’oiseaux lacustres. Nous arrivons ensuite sur la digue d’un canal et 5 km nous séparent de l’embarcadère où nous devons prendre le bac. Je chute dans une ornière étroite mal négociée, résultat mon garde-boue avant s’est décroché, l’attache est cassée. Je le démonte et l’emmène avec moi. On essaiera de trouver un Vulkanizer ! Nous arrivons au bac vers 12h30. Le bac part à 13h, juste le temps d’avaler une omelette et quelques tranches de tomates. Le paysage change. Nous approchons de la Roumanie (elle est sur l’autre rive, en face de nous) et les contreforts des Carpates plongent vers le Danube. C’est magnifique ! Après le bac, sur l’autre rive serbe une belle côte nous attend que nous monterons à pied avant qu’un faux plat nous permettent de remonter sur les vélos. Après avoir traversé la colline nous longeons à nouveau le Danube qui est très large et paisible. Des hérons, aigrettes et cormorans sont perchés sur des arbres morts qui émergent du fleuve. Ce soir nous dormons chez l’habitant, dans une petite station balnéaire au bord du "Silver Lake" (un bras du Danube).

30/08 Veliko Gradiste – Brijnice
La route sinue et amorce quelques dénivelés. À Veliko Gradiste le réparateur vélo est parti vers la mer noire et ne rentre que dans 10 jours ! À Vinci un petit marché aux légumes de producteurs locaux nous tend les bras. Je choisis un poivron doux, mais, au moment de le payer, la dame en rajoute un autre et refuse tout net que je la paye sous prétexte que Babeth achète les tomates et des pêches à sa voisine et que ça va comme ça !
Nous arrivons à Golubac et un jeune cyclotouriste allemand nous double et nous attend. Lui non plus n’a pas croisé de cyclistes depuis un moment et l’envie de parler et partager nos expériences est forte ! Il ressent les mêmes impressions que nous vis-à-vis des serbes : en majorité très ouverts et très accueillants. Lui s’en va vers la mer noire, puis Antalya en Turquie, puis Chypre pour rejoindre Israël.
7 km après la petite ville de Golubac nous arrivons à la forteresse qui marque l’entrée des fameuses "portes de fer". Côté route, les dénivelés, aujourd’hui au moins, sont tout à fait raisonnables mais c’est le vent qui nous surprend : de force 3-4 en général, il passe facilement à force 5 quand nous passons dans les anfractuosités de la montagne creusées pour faire la route. Le vent vient des Carpates et nous le prenons de face et de plein fouet. À quelques km de Brijnice le camping Toma nous attend avec sa petite plage au bord du Danube. Nous sommes entourées de montagnes, ici le Danube ressemble à un lac, le vent s’est calmé, c’est enchanteur !

Article suivant Article précédent